Où suis-je ?

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15/06/10

Au Koweït et en Irak du samedi 5 au mardi 15 juin 2010
 
 
"L’histoire commence à Sumer" disait l’historien Samuel Noah Kramer. Un autre grand spécialiste de ces terres entre le Tigre et l’Euphrate, Jean Bottéro, a même parlé de la naissance de Dieu. Comme si, en Mésopotamie, la terre avait pu donner naissance à Dieu parce que, en ces lieux plus que jamais, l’homme est né à lui-même. La civilisation de Sumer n’a rien à envier à l’Égypte et le peuple d’Irak peut être fier de ses racines. L’épopée de Gilgamesh qui, de toute évidence, a inspiré le récit biblique du Déluge, est née à Uruk, où nous nous rendrons... Pour un voyage à la naissance de l’histoire. Un circuit exceptionnel dans les plus grands sites de Mésopotamie. Le circuit inaugural de juin est un voyage événement en partenariat avec le magazine Témoignage chrétien.  (Terre Entière)
 
 

Samedi 5 juin : Je prends mon TGV à 17H09. La porte du wagon est condamnée, il faut passer par le wagon suivant, bonjour la sécurité ! Puis, en route, problèmes techniques, ralentissements, presque une heure d’arrêt à Lyon, toujours à cause d’une porte et, finalement, arrivée à Roissy à 22H15 avec 75 minutes de retard. Je suis à mon hôtel une heure plus tard.

Dimanche 6 : Il pleut… Rendez-vous à l’aéroport à 7H15. Hubert Debbasch, le PDG de Terre entière et de Témoignage chrétien, 45 ans, nous y accueille. Participent aussi au voyage Luc Chatel, rédacteur en chef de Témoignage chrétien, Catherine Sudre, archéologue, Olivier Goujon, photographe de presse, et Hameed Nasser, auteur de Revoir Bagdad (qui n’a pas pu avoir son visa pour le Koweït et nous rejoindra en Irak). Ce voyage a en effet quelque chose de particulier : nous sommes le premier groupe de touristes à retourner au sud de l’Irak depuis plusieurs années. Notre groupe est composé de 24 personnes, 12 femmes, 12 hommes (et seulement deux couples !).
En salle d’embarquement, surprise : pas de toilettes, il faut ressortir et repasser au contrôle, longue queue (au contrôle, pas aux toilettes), pratique ! C’est la première fois que je vois ça, et il faut que ce soit en France, bien sûr ! Décollage en retard, à 10H15, escale à Rome (et dire que j’aurais pu rejoindre Rome au lieu de Roissy, avec économie de temps et d’argent ! Boules…) qui dure, dure… deux heures dans l’avion. Mais ici il fait beau. Nous survolons ensuite la Crête, Chypre, Beyrouth et le désert. Atterrissage de nuit à Koweït City, il est 19H40, une heure de retard (et une heure de plus qu’en France). Bouffée de chaleur en sortant de l’aéroport, il fait au moins 40°. Minibus jusqu’à l’hôtel, qui est bien (j’ai pris une chambre particulière pour tout le circuit). Après installation, nous repartons aussitôt au restaurant, très loin mais bon. Là, client huppés, hommes en robe blanche, tissus blanc tenu par un cerceau sur la tête, et femmes entièrement voilées, habillées entièrement de noir. Nous revenons à l’hôtel après minuit, avec encore énormément de circulation automobile, grosses voitures américaines ou japonaises et, évidemment, une majorité de 4x4.
 
Koweït City la nuit, Koweït City  Au restaurant, Koweït City
 
 
*** Quelques mots sur le Koweït (d’après Wikipedia) :
 
Drapeau du Koweït                          Carte du Koweït
 
Le Koweït (nom qui signifie en arabe classique « la forteresse construite près de la mer ») est un État, situé en Asie, au nord de la péninsule Arabique, sur le golfe Persique. Il a pour voisins l'Arabie saoudite et l'Irak et son indépendance a été proclamée le 19 juin 1961. Le Koweït est un important producteur de pétrole et est membre de l'OPEP. Sa superficie est de 17 818 km² (environ la moitié de la Provence).
 
Le Koweït est une monarchie constitutionnelle. Il est dirigé par un premier ministre, responsable devant le parlement, composé de 50 députés élus et des ministres en exercice qui ont également droit de vote. L'ancien Premier ministre, le cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah est devenu l'émir Sabah IV le 29 janvier 2006. Jusqu'en mai 2005, seulement15 % de la population avait le droit de vote : les femmes étaient exclues du corps civique ainsi que les militaires. Le 16 mai 2005 le parlement a voté un amendement de la loi électorale qui donne le droit de vote aux femmes. Le nombre des électeurs passera ainsi de 145 000 personnes à plus de 350 000, soit 37 % d’une population autochtone de 956 000 habitants (sur une totalité de 2,6 millions d’habitants, car la main d’œuvre étrangère est très importante).
 
Avez-vous entendu parler de la Guerre du Golfe ? La crise éclate le 2 août 1990, lorsque l'Irak, dirigé par le président Saddam Hussein, envahit et annexe le Koweït qui était toujours considéré dans l'histoire comme une partie de l'état d'Irak. Cette invasion a des causes lointaines et récentes. L'Irak n'a jamais reconnu l'indépendance du Koweït décidée par les Britanniques en 1961, alors que ce territoire des plus riches en pétrole était autrefois rattaché à l'Irak. D'autre part, Saddam Hussein reproche à l'émir Jaber III de maintenir les cours du pétrole trop bas, sous pression économique britannique et ainsi prive l'Irak d'une partie de ses revenus, tandis que la guerre contre l'Iran, menée avec le soutien des monarchies arabes de la région, a plongé l'économie irakienne dans la crise. Les forces koweïtiennes sont rapidement débordées et la population soumise à un brutal régime d'occupation. L'Irak décrète officiellement que le Koweït redevient la 19e province irakienne, le 28 août. Entre août et novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies entérine une série de résolutions, puis exige finalement de l'Irak un retrait inconditionnel et total du Koweït, le 15 janvier 1991 au plus tard. Sous l'égide des Nation 31 443 km2 s unies, une coalition multinationale forte de 500 000 hommes provenant des armées de terre, de l'air et des forces navales — envoyées principalement par les États-Unis, l'Arabie saoudite, la Grande-Bretagne, l'Égypte, la Syrie et la France — se constitue en vue de s'opposer à l'armée irakienne. Dans le même temps, l'Irak décide de retenir en otage tous les Occidentaux présents sur son territoire et de les installer comme « bouclier humain » sur des sites civils ou militaires susceptibles d'être bombardés par la coalition internationale. Ces otages sont finalement relâchés en décembre. Le rassemblement des troupes de la coalition, dans l'opération Bouclier du désert, est initialement destiné à protéger l'Arabie saoudite d'une autre attaque. Les objectifs prennent ensuite une orientation véritablement offensive et l’Irak se retire en mettant le feu aux puits de pétrole…
 
Vue ensablée depuis mon hôtel, Koweït City  Vue ensablée depuis mon hôtel, Koweït City
 

Lundi 7 : Faisait très chaud sous la Koweït (rire). Je me réveille trop tôt et travaille avant d’aller rapidement déjeuner, en fait piquer trois bricoles à grignoter dans le bus afin de ne pas être en retard. La vue depuis l’hôtel serait superbe s’il n’y avait un petit vent de sable. Nous partons à 10H et faisons deux arrêts dans Koweït City ; le premier dans un superbe centre commercial qui donne sur un petit port de plaisance et une petite plage, où Hubert et un autre participant se baignent très rapidement (l’eau est chaude mais, paraît-il, polluée) ; le second devant la tour de télévision, une construction moderne qui date pourtant d’une vingtaine d’années. Koweït City est une ville vraiment très étendue, bâtie sur le sable au bord du golfe persique, mais ayant quelques jardins et pas mal de plantations d’arbres, beaucoup d’immeubles récents ou en construction, de grandes et superbes tours, de nombreux centres commerciaux mais, dans l’ensemble, rien de bien folichon.

Une mosquée, Koweït City  Port de plaisance, Koweït City

 

Vers 11H, nous repartons en direction d’Abdaly, ville frontalière à 120 km de Koweït City. Du sable, du sable, du sable, rien à voir, c’est le désert arabique, peu de voitures mais énormément de poids-lourds sur l’autoroute. Juste avant la frontière, nous prenons un car pour passer avec nos bagages du côté irakien. Les formalités côté Koweït sont assez rapides, malgré une fouille des bagages à laquelle j’échappe (en trichant). Côté irakien, par contre, c’est très long, deux heures environ, et nous en profitons pour pique-niquer vers 14H. Quant au site frontalier lui-même, il est hallucinant : c’est tellement désolé et sale que j’ai l’impression d’être dans un film, un décor de fin du monde. J’en ai pourtant franchi, des frontières, mais comme celle-là, jamais ! Notre nouveau car « confortable » nous attend : déception, il s’agit d’un minibus dans lequel nous sommes très serrés et devons utiliser les strapontins. Quant aux bagages, ils sont tous entassés à l’arrière d’un pick-up et arriverons ensablés. Vers 15H, nous embarquons un policier jovial et entrons enfin en Irak ; un véhicule de policiers armés nous suit pour notre sécurité. Il nous reste près de 200 km à parcourir. Terrible, d’autant plus que l’autoroute n’est pas très bon.

 

Hubert Debbasch, Koweït City  Antennes de television, Koweït City  Gamin porteur de bagages, frontiere irakienne

 

Nombreux véhicules de police et de l’armée surveillant la route, notamment à tous les ponts. Durant le trajet, Hubert nous explique pourquoi il a choisi de créer une agence de voyages en Irak (une agence au Kurdistan et une à Nasiriyah) et le très bon accueil de la population à son projet, soutenu aussi par l’ambassadeur de France et le consul. Désert, toujours du désert, sans intérêt. Nous sommes serrés et la clim ne marche pas très bien. La nuit tombe peu après 19H et nous arrivons à Nasiriyah vers 20H. Devant l’hôtel, une foule est rassemblée, des musiciens jouent et des gens dansent et chantent. J’ai d’abord cru que c’était pour nous, mais non, c’est un mariage. L’hôtel est plutôt bien, mieux que ce à quoi je m’attendais et ma chambre est tout à fait correcte. La vue est moins bien, sur un parking et un tas d’ordures. Mais des ordures, ici, il y en a partout ! Diner très moyen à l’hôtel, puis balade sur les bords de l’Euphrate et en ville, toujours accompagnés de nos hommes armés. Retour à l’hôtel vers 23H. Là aussi, une voiture de militaires armés est stationnée à plein temps. Quelque chose me tracasse encore : est-ce qu’à la frontière les douaniers i’ raquent ? (rire obligatoire)

 

Entree en Irak, frontiere  Grillades (fameuses)

 

 
 
*** Quelques mots sur l’Irak (d’après Wikipedia) :
 
Drapeau de l'Irak                    Carte du sud irakien
 
L’Irak, qui veut dire « basse terre » est un pays du Moyen-Orient, situé au nord de la péninsule arabique. L'Irak est parfois appelé Bilad ar-Rafidain (« le pays des deux fleuves », Mésopotamie, en référence au Tigre et à l'Euphrate). Bagdad en est la capitale avec environ 7 millions d’habitants (sur 32 que compte le pays). La superficie de l’Irak est de 437 072 km² (moins que le France).
L’Irak actuel couvre une grande partie de la Mésopotamie, l'un des berceaux de la civilisation. C’est également sur les berges du Tigre, passant par Bagdad, que l’écriture est née, il y a 5 000 ans. À l’époque Sassanide, le territoire de l’Irak est intégré au Khvarvaran, la province occidentale de l’Empire perse.
Ce territoire fit longtemps partie de l’Empire ottoman. Il fut occupé par le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale, puis placé sous un régime de Mandat de la Société des Nations. Durant la période du Mandat britannique de Mésopotamie, l'occupant britannique fit face en 1920 à une violente insurrection. Proclamé en 1921, le Royaume d'Irak obtint sa pleine indépendance en 1932. Le 14 juillet 1958, la monarchie hachémite est renversée et le général Kassem prend le pouvoir par un coup d’État. Le Comité des officiers libres proclament la République lors du premier coup d’État du parti Baas, parti de la Renaissance arabe et socialiste, allié avec un groupe d’officiers nationalistes. Le 11 septembre 1961, nouvelle révolte kurde en Irak. L'insurrection s'amplifie au fil des années. Le régime militaire d'Aref, issu du coup d'État de 1963, ne parvient pas à l'écraser militairement. En 1964, un cessez-le-feu est signé ; il est refusé par une partie du mouvement kurde. La révolte reprend en 1965. Le 8 février 1963, les militants du Baas renversent le gouvernement du général Abdel Karim Kassem . Saddam Hussein, qui poursuivait des études de droit au Caire, revient en Irak et devient, à 26 ans, secrétaire général du parti. Le 18 novembre 1963, la révolution du Baas est renversée par Abdula Salam Arif, qui s'installe au pouvoir et fait arrêter et éliminer plusieurs têtes dirigeantes du parti Baas soupçonnées de comploter contre lui. Saddam Hussein est arrêté et emprisonné. Pendant ces années de détention, il sera torturé et interrogé par la police du régime en place. En 1965, Saddam Hussein, toujours en prison, est élu membre du commandement panarabe du parti Baas. Lentement, il accroît son influence et dirige des coups d'éclat tels que l'évasion de plusieurs membres du parti Baas, après avoir gagné la sympathie des geôliers. Le 14 avril 1966, après la mort accidentelle ou criminelle du Colonel Abdula salam Aref, son frère, le Maréchal Abd al-Rahman Aref s'impose en tant que Président de la République d'Irak. Le 17 juillet 1968, second coup d’État baassiste. Saddam Hussein rejoint à Bagdad son cousin le général al-Bakr, chef du Baas et nouveau président de la République. Le 11 mars 1970, accord kurdo-irakien sur l'autonomie du Kurdistan. Il prévoit une participation des Kurdes aux instances suprêmes de l'État et un recensement destiné à délimiter la région autonome. Des institutions autonomes sont censées être mises en place dans un délai de quatre ans. Pendant cette période de "ni guerre, ni paix", l'URSS commence à soutenir l'Irak, tandis que l'Iran conseillé par Washington, apporte son aide aux Kurdes. Le 1er juin 1972, Saddam Hussein nationalise le pétrole irakien. Le 16 juillet 1979, Saddam Hussein met Hassan al-Bakr à la retraite. Le 16 juillet, jour anniversaire de la révolution de 1968, Saddam Hussein accède à la présidence à l'âge de 42 ans rompant avec le Parti communiste, il procède à des purges massives au sein du Parti Baas - un parti nationaliste arabe, laïc et socialiste, dont tous les dirigeants sont originaires de la ville de Tikrit - et renoue avec les monarchies du Golfe ainsi qu’avec les pays occidentaux. Le pouvoir de Saddam Hussein s'est donc constitué au départ autour de l'idéologie baasiste, relativement laïque et républicaine. Par ailleurs, il considère l'Islam comme une composante essentielle de la culture arabe. le 30 novembre 1979, le gouvernement irakien demande une révision des traités signés en 1975, ce que refuse le gouvernement iranien . En 1980, Bagdad prend l’initiative militaire: il veut récupérer le Chatt al-Arab et le Khouzistan iranien. De plus, il veut mettre un point final à la révolution islamique, qu’il juge prête à tomber. Saddam Hussein voyant que l’armée Iranienne est affaiblie par la révolution islamique, en profite pour déclencher la guerre, qui se terminera le 8 août 1988. Le conflit a fait un million de morts et des centaines de milliers de blessés.
 
A Nasiriyah  Police, Nasiriyah
 
Au cours de l’été 1990, les finances de l'État au bord de la banqueroute, l’Irak envahit le Koweït. Commence alors la deuxième guerre du Golfe menée sous l'égide de l'ONU. Des insurrections éclatent dans plusieurs régions chiites étalées dans le temps. L’ONU vote un embargo qui dura douze ans, aux conséquences catastrophiques : 1,5 million d'enfants morts de malnutrition et atteints de malformations dues à l’utilisation d’armes à l’uranium appauvri.
Le 8 août 1990, l’Irak occupe le Koweït : Premières sanctions de l’ONU. Embargo. Coalition de plus de trente pays contre Bagdad. Le 17 janvier 1991, « Tempête du désert » : la coalition internationale, à la demande de l'ONU, intervient militairement en Irak et au Koweït. Objectif : la destruction du potentiel militaire et de l'infrastructure économique de l'Irak, ainsi que l'évacuation du Koweït. En 6 semaines, le territoire irakien reçoit environ 80 000 tonnes de bombes. À la suite de ces bombardements, des milliers de familles sont forcées de fuir le pays. Plus de 100 000 soldats irakiens ont été tués et 35 000 victimes civiles ont péri sous les bombardements. Le 26 février 1991, Saddam Hussein annonce son retrait du Koweït. Les combats cessent le 28 février. Le 3 avril 1991, la résolution 687 du Conseil de sécurité de l'ONU fixe un cessez-le-feu définitif et impose à l'Irak, notamment, l'élimination de toutes ses armes de destruction massive. Création de la Commission spéciale des Nations unies chargée du désarmement, l'Unscom. Deux jours plus tard, l'insurrection kurde dans le Nord irakien et chiite dans le Sud, le Conseil de sécurité adopte la résolution 688 qui condamne la répression des populations civiles irakiennes et appelle à une aide humanitaire. Le 20 décembre 1991, L'ONU décide de maintenir l'embargo total contre l'Irak. En avril 1995, la résolution 986, dite « pétrole contre nourriture », autorise Bagdad pour des raisons humanitaires à procéder à des ventes limitées de pétrole. En octobre 1998 : Bagdad décide de rompre totalement la coopération avec l'Unscom, affirmant qu'il n'a plus aucun espoir de voir l'ONU recommander une levée des sanctions. Bill Clinton lance en décembre, et sans mandat de l'ONU, l'opération "Renard du désert" pour obliger Bagdad à coopérer. Dans les années suivantes, les États-Unis et la Grande-Bretagne lancent des opérations quotidiennes dans les zones d'exclusion aérienne. Le 20 mars 2003 : l’Irak est attaqué par une coalition alliée des États-Unis et du Royaume-Uni, sans mandat de l'ONU et soutenue par plusieurs dizaines de pays dont le Japon, la Corée du Sud, la Pologne, l’Espagne et l’Italie. Le régime de Saddam Hussein est renversé 3 semaines après l’entrée des troupes de la coalition dans le pays. Cette troisième guerre du Golfe s’achève officiellement le 1er mai 2003. Le pays est ensuite occupé par la coalition. Le 28 juin 2004, le pouvoir est remis entre les mains d’un gouvernement intérimaire, au pouvoir inexistant, dirigé par Iyad Allaoui. Ce transfert concerne aussi bien l'autorité civile que militaire. Les troupes de la coalition doivent "demander" l'autorisation du gouvernement irakien avant toute opération militaire offensive ; toutefois, seule l'armée américaine et, jusqu'en 2007, les troupes britanniques, participent à de telles opérations . (Tous les contingents étrangers en Irak, à l'exception de celui des États-Unis et, à une certaine époque, du contingent britannique, ne peuvent se servir de leurs armes qu'en état de "légitime défense". Le 30 janvier 2005 ont eu lieu les premières élections réellement démocratiques de l'histoire du pays, dans un climat de terreur. Les chiites et kurdes d’Irak se sont malgré tout massivement rendus aux urnes, malgré des menaces terroristes. Le 6 avril 2005, l’Irak s'est choisi pour la première fois de son histoire un président kurde, Jalal Talabani. Le 30 décembre 2006, Saddam Hussein est exécuté à Bagdad, le jour de l'Aïd el-Kebir par pendaison pour crimes contre l'humanité, suite à une procédure judiciaire, « supervisée » ou « dirigée » par les autorités américaines (le procès se déroula sans avocat pour l'accusé, les trois avocats devant assurer sa défense ayant tour à tour été assassinés dans les premiers jours du procès, et Saddam Hussein ayant refusé les avocats commis d'office qui lui avaient alors été proposés en remplacement par le Tribunal spécial irakien). Ces deux « incidents », s'ajoutant à celui de la diffusion des photographies de Saddam Hussein que les Américains avaient prises lors de sa « capture » et qui avaient été très « diversement perçues » en Irak, ont beaucoup contribué à déterminer l'attitude finale des sunnites vis-à-vis de l'occupant et du nouveau régime). Sept ans après la fin officielle de la guerre, le gouvernement de l’Irak est très fragile. Les violences sont quotidiennes, résultant des attaques de soldats et de convois de l'armée américaine par des insurgés, de la guerre civile entre les chiites, sunnites baassistes et les sunnites salafistes, et entre le pouvoir en place et des groupuscules islamistes qui opéreraient actuellement en Irak, tel qu' Al Qaida.
 
A Nasiriyah  A  Nasiriyah
 
Depuis l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979, l’Irak a donc connu trois guerres meurtrières, des répressions sanglantes dont celles des Kurdes et des chiites et plus de dix ans d’embargo. Son régime laïc, fondé au début des années 1960 par le parti Baas, a été aboli par l’invasion de la coalition menée par les États-Unis en 2003. Ce régime, en dépit de son caractère dictatorial présent dans la très grande majorité des États du Moyen-Orient, semble avoir été très populaire chez la majorité des sunnites, traditionnellement nationalistes mais minoritaires au sein de la population irakienne.
Les élections législatives de 2010 sont marquées par un taux de participation de prés de 63 %, malgré des menaces d'attentats contre les bureaux de vote, et une série d'attentats faisant 40 morts le jour du scrutin. Les résultats montrent l'importante remontée des sunnites par la victoire de la coalition laïque du Mouvement national irakien (25,8 %), suivie de près par la Coalition de l'État de Droit du Premier ministre Nouri al-Maliki (25,7 %), et le déclin relatif de l'Alliance irakienne unifiée (19 %).
Le gouvernement est actuellement dirigé par Nouri al-Maliki, à la tête d'une coalition chiite. Dans un effort de répartir les rôles entre les trois principales communautés, l'exécutif est partagé entre trois personnes : le président Jalal Talabani, le Premier ministre est chiite, et le président du parlement sunnite. Chacune de ces têtes est entourées de deux adjoints, appartenant aux deux autres communautés. Côté religieux, on note deux figures marquantes : le grand ayatollah Ali al-Sistani, et Moqtada al-Sadr, et la disparition de la laïcité au niveau de l'État.
 
Enfants de Lagash  A Lagash  A Lagash
 
Le taux d'alphabétisation des adultes est de 39 % (homme 55 %)
L’économie de l’Irak a rapidement surmonté les conséquences immédiates de l’invasion et connaît, après l'effondrement total de celle-ci en 1991, davantage aggravé par l'embargo, une croissance prometteuse, malgré les innombrables difficultés actuelles avec 17 % de croissance en 2005 et une estimation de 13 % de croissance en 2006. Le nombre d'entreprises privées en Irak est passé de 8 000 en 2003 à 35 000 en 2006, bien que le taux de chômage n'ait pas sensiblement varié (plus de la moitié des Irakiens sont soit au chômage, soit en sous-emploi). Une moyenne de 60 sociétés est créée chaque semaine. Le pétrole est la principale ressource de ce pays, avec une production en novembre 2006 de 2,05 millions de barils par jour, malgré l'insécurité. Ce pays devient le sixième plus gros producteur au sein de l'OPEP; en 2008 et la production a retrouvé son niveau du temps de l'embargo, avec 2,4 millions de barils/jour en mars 2008, et 2,9 millions espéré à la fin de cette année. Ses réserves étaient estimées en 2004 à 115 milliards de barils, chiffres suspects selon quelques spécialistes. Il se place ainsi en 3e position après l'Arabie saoudite et l'Iran en termes de réserves.
Le chômage touche en 2006 "officiellement" de 13,4 à 18% de la population, et le sous-emploi en touche 30 autres % ; cela pousserait un nombre non négligeable d'Irakiens à "travailler" plus ou moins régulièrement pour différents groupes armés, indépendamment de leurs propres convictions politiques (les membres permanents de ces groupes armés ne réaliseraient pratiquement pas d'actions à caractère militaire ou terroriste par eux-mêmes, étant avant tout des "financiers", la location des armes et la vente des munitions se faisant pas d'autres réseaux, moins "nobles", susceptibles d'alimenter dans certains cas des factions rivales, ce qui rendrait la détection et le démantèlement de ces réseaux extrêmement difficiles ; l'importance exacte de cette "économie souterraine" n'est pas connue ).
La population de l'Irak lors de sa création en 1920 est estimé à 3 millions d'habitants, les estimations actuelles sont de 32 millions d’habitants : Arabes (75~80 %) (sunnites : 18 %, chiites : 50~55 %, minorité chrétienne), Kurdes (22~25 %, sunnites en majorité, minorité yézidie), Turcomans (2~3 %) (sunnites en majorité)
L'Irak est un pays multiethnique et multi religieux. Les religions présentes dans le pays sont l'islam, le christianisme, le mandéisme et le yézidisme. Les conséquences des deux guerres du Golfe ont été profondes et durables. L'absence de statistiques propres à un pays en guerre n'empêche en rien la constatation de certaines évolutions: au nombre de 500000 avant l'invasion américaine (communautés de Bagdad, Bassora, etc.), les chrétiens irakiens ne seraient plus que 300 000 dans tout l'Irak, dont 80 000 dans le Kurdistan irakien, contre moins de 30000 avant guerre. Victimes, entre autres, de persécutions religieuses, 200 000 d'entre eux auraient été contraints d'émigrer alors que d'autres seraient sur le point de le faire.
 
Femme voilee, Nasiriyah  Mosquee, Nasiriyah  Avec le gamin de l'OM, Nasiriyah
 
 
Mardi 8 : Petit-déjeuner vraiment très juste et départ en excursion à 8H30. Suite à nos plaintes d’hier, nous avons un nouveau bus, grand, confortable, mais assez sale. Le micro ne marche pas mais sera réparé pour demain. Manque de bol, cinq minutes plus tard, le chauffeur accroche sous un pont très bas et arrache une des deux trappes de ventilation du toit. Faut le faire ! Heureusement, personne n’est blessé par les débris de plastique. La clim fonctionne mal et il fait vraiment très chaud, d’autant plus que la température extérieure avoisine les 43° (le minimum, la nuit, étant de 31°. Je me demande pourquoi on nous a demandé d’amener un pull pour les soirées fraiches !). Une heure plus tard, nous voilà à l’ancienne cité d’Ur, créée il y a 3600 ans environ. Pas mal de photographes et cameramen sont présents, journalistes et télévision, car notre arrivée est un évènement local. Notre archéologue Catherine Sudre nous donne, durant une petite heure, des explications sur la Mésopotamie et Ur.
 
Notre securite, Ur  Ziggourat d'Ur
 
« Cette cité a connu plusieurs dynasties prestigieuses mais reste surtout célèbre car elle est, selon la tradition biblique, la patrie du patriarche Abraham. Ur était protégée par une enceinte bordée par l'Euphrate à l'ouest et à l'est par un canal qui conduisait à deux ports. À cette époque en effet, les eaux du Golfe persique environnaient la ville. Les infrastructures attestent d'une activité portuaire très dynamique. Et des caravanes chargées des produits les plus précieux partaient également d'Ur vers le reste de l'orient. À mi-chemin entre les deux ports se trouvait la zone officielle d'Ur qui gravitait autour du sanctuaire du dieu Nanna/Sin - dieu de la lune -. C'est dans la cour du temple qui lui était dédié que fut édifiée l'imposante ziggourat appelée É.Temen.Ni.Gur dont on admire encore le premier niveau. La découverte du quartier d'habitations privées permit de reconstituer l'urbanisme aux 19ème et 18ème siècles avant notre ère : résidences séparés par des rues étroites encore visibles. » (Terre Entière). Bon, ceci dit, il ne reste plus grand-chose aujourd’hui, si ce n’est une partie de la ziggourat et le tracé de la ville.
 
Cameraman de la television irakienne, Ur  L'Euphrate, Nasiryah
 
Vers midi, nous continuons jusqu’au site d’Eridu. Là, il ne reste plus rien du tout, à part un monticule de terre. Beaucoup de vent, très chaud, mais pas de sable. Nous retournons à Nasiriyah où nous déjeunons à 14H dans un restaurant qui nous sert de la bonne nourriture locale. A 15H30, petit tour sur les rives de l’Euphrate, où deux d’entre nous se baignent malgré la vase. Bonne rigolade aussi. Quelques locaux étonnés. Retour à l’hôtel une heure plus tard. Ceux qui le désirent, dont je suis, ressortent un peu plus tard faire un bon tour en ville, dans les rues souvent encombrées et au marché. Que c’est sale ! Des vendeurs s’installent carrément sur les poubelles. Dans l’ensemble, très bonne ambiance et bons contacts avec la population tant que notre sécurité (en retard) n’est pas là. Cela se dégrade lorsqu’ils arrivent et chassent les enfants et les curieux. J’avais la hantise que parte un coup de feu. En ville, des policiers, il y en a partout et c’est peut-être pour cela que c’est calme. Très content de cette sortie en ville que je préfère bien sûr à la visite des vieilles pierres. Visiblement les Français sont appréciés ici et je n’ai pas ressenti le moindre risque. Un gamin portait même un maillot de l’OM ! Retour à l’hôtel avant la tombée de la nuit, je suis un peu fatigué (la chaleur…) et je suis pourtant un des plus jeunes du groupe (moyenne d’âge 65-70 ans). Je travaille dans ma chambre climatisée (ça fait du bien) durant une bonne heure puis rejoins le groupe. L’hôtel ayant oublié de préparer le repas ( !) nous allons diner d’un poisson de l’autre côté de la rue, sur une terrasse au bord de l’Euphrate. Le Tigre ne nous ayant pas rejoint, nous rentrons peu après 22H.
 
Moto-taxi, Nasiryah  Gateaux au miel, Nasiryah
 
 
Mercredi 9 : Départ à 8H pour le site de Lagash, une petite heure de route. Les paysages deviennent plus verts. A l’arrivée, les villageois nous attendent, hommes et enfants (mais où sont les femmes ?). « Lagash est une ancienne cité du pays de Sumer. Les rois sumériens du pays de Lagash régnaient sur un territoire qui comptait trois villes principales édifiées sur les rives d'un important canal drainant les eaux de l'Euphrate : au nord-ouest Girsu, résidence du dieu Ningirsu ; au centre de l'État la ville même de Lagash ; et au sud Nigin, résidence de la déesse Nanshé, sœur de Ningirsu. Lagash prospéra à Sumer lorsque la puissance d'Uruk et de Kish déclina. Elle gardera un rôle majeur jusqu'au tournant des 3ème et 2ème millénaires. La ville était célèbre pour son temple ovale dédié à Inanna/Ishtar et pour son temple dédié à Ningirsu. » (Terre Entière). Balade sur la terre aride jusqu’à un monticule, seul vestige du site. Donc, rien à voir, mais l’ambiance est bonne malgré la chaleur, d’autant plus que nous sommes tous invités à prendre un thé dans une maison.
 
Paysage irakien  A Lagash
 
Nous repartons vers midi pour nous arrêter à Ash Shatra au bord du fleuve Shaat Al Gharouf, où des jeunes se baignent. Mais je n’ai pas pris mon maillot, tant pis. Pique-nique qui dure un peu (bon poisson). Nous repartons vers 15H pour le site de Girsu (actuelle Tello), ancienne capitale de l'État de Lagash. « Le grand développement de la ville se situe entre la période dynastique archaïque et la fin de la période d'Ur III (soit entre 3000 et 2000). L'intérêt majeur de la cité réside surtout dans les importantes archives et les objets découverts sur place. En témoignent les 2 000 tablettes provenant des archives du domaine de la déesse Ba'U et surtout la stèle des vautours évoquant le conflit qui opposa l'État de Lagash à Umma. » (Terre Entière). Je ne vais pas visiter le site (où il reste deux bouts de mur) et bouquine dans le bus.
 
Hubert et les chefs, Lagash  Sur les bords du fleuve Shaat Al Gharouf
 
Puis nous nous arrêtons dans la ville de Chatra où se tient une exposition d’artisanat. Là nous attendent de nombreux journalistes, cameramen et photographes. Très bonne ambiance. Mais notre chauffeur a disparu ! Il revient une demi-heure plus tard : il était parti au marché ! Sur le chemin de retour je discute avec Mehdi Lebouachera, journaliste de l’AFP (et Marseillais). Il est en Irak depuis plusieurs années et nous en parle passionnément. Nous arrivons à l’hôtel un peu avant 20H, dinons une demi-heure plus tard. Puis, au salon, Mehdi m’interviewera pendant presque une heure, discussion très décontractée. Nous parlons aussi Irak et politique. Je pense : « La politique ici c’est du pipeau. Jamais les mêmes sons de cloches. Il faudrait vraiment qu’ils s’accordent…Faire un groupe ? Mais comment mettre, par exemple, tous les Baassistes au diapason ? Est-ce bien possible ? On ne s’entendrait plus… Même avec un chef d’orchestre. » (sourire…)

Un hadjid, Nasiriyah  Policiers sur la route  Une journaliste, Chatra
 
 
Jeudi 10 : Après le même modeste petit-déjeuner, nous partons à 8H. Le micro et la sono ne fonctionnent toujours pas, c’est une plaie, car nous n’avons du coup aucune explication sur le trajet, sur le pays, sur rien du tout. Moi, j’aurais bien aimé qu’on me parle de l’Irak d’aujourd’hui, parce que des Sumériens d’il y a 5000 ans, je m’en tape un peu. Alors je glane des informations par ci par là, comme hier avec Mehdi ou alors avec Hameed (l’écrivain, dont je viens de terminer le livre, intéressant, « Revoir Bagdad »). Une heure plus tard, arrêt à un poste de contrôle, car nous changeons de Province. Du coup, deux gros 4x4 de la police nous escortent, un devant et un derrière, avec une dizaine de policiers (à noter qu’ils disparaitront après le déjeuner de midi !). Toujours beaucoup de postes de contrôle sur la route. Mais, depuis le début du séjour, pas vu de militaires d’armées étrangères (US, GB, Italie). Arrêt pipi folklorique, c’est le désert, pas un arbre, des gars de l’escorte nous accompagnent et, lorsque j’ouvre ma braguette, je m’attends à ce qu’ils disent « Présentez… armes » (et les balles aussi ?).
 
Conference de presse hier  a Chatra  Vehicule militaire a un barrage routier
 
Nous atteignons Uruk à 11H20, c’est bien long comme trajet dans un car surchauffé (plus de 40°). Ce site archéologique en plein désert présente quelques vestiges. «C'est à Uruk qu'apparaissent les premières formes d'écriture. La cité est identifiée à l'Erek biblique mais Uruk fut surtout la ville du légendaire Gilgamesh, bâtisseur de ses murailles et auteur de la fameuse épopée. Principale ville du pays de Sumer et très certainement la plus ancienne cité-État, elle prospère sous l'égide de sa déesse Inanna/Ishtar - déesse de l'amour et de la guerre. À la période hellénistique elle connut à nouveau une période faste et joua le rôle de capitale du sud de la Mésopotamie. Uruk conservera ce rôle prépondérant sous les Parthes puis déclinera pour finalement être abandonnée sous les premiers rois Sassanides. » (Terre Entière)
 
Ziggourat d'Uruk  Pere et fils, Uruk
 
Nous pique-niquons sur place, assis sur des tapis à même le sol. C’est copieux. Nous repartons ensuite pour Larsa, un autre site que seule une dizaine de personnes va visiter durant 30 minutes et où il ne reste pratiquement plus rien paraît-il. Puis, sur la route, nous doublons un long convoi de camion-citerne dont les cabines ont été blindées. Retour à Nasiriyah vers 17H30, petite promenade d’une heure au marché, toujours vivant et sympathique, puis conférence d’Hameed Nasser sur son livre et sur l’islam sunnite et chiite. Diner qui se termine vers 21H, ce qui me permet de travailler et de me mettre à jour avant de me coucher. Comme tous les soirs, nombreuses coupures de courant. J’imagine un slogan politique : « Avec les chiites, on ne va plus en chiier… »
 
Enfant d'Uruk  Un policier, Uruk  Le livre d'Hameed Nasser
 
 
Vendredi 11 : Départ à 8H30 et arrivée une heure plus tard à Abu Zurek, un village entre le Tigre et l’Euphrate, dans la zone du Shatt-el-Arab. Nous empruntons plusieurs barques à moteur pour nous promener dans les marais. C’est très beau et reste agréable malgré la chaleur et la réverbération de l’eau. « La légende placerait le paradis terrestre en ces lieux qui constituent l'un des plus grands systèmes écologiques du monde. La région est en voie de réhabilitation après la dramatique et agressive politique d'assèchement conduite sous le régime de Saddam Hussein. Dans cet immense plan d'eau à l'entrée du Shatt-el-Arab vivent les "gens des marais". Cette région était déjà habitée il y a 5000 ans, comme en attestent des bas-reliefs sumériens. » (Terre Entière). 
                                          
A Abu Zurek, dans les marais  A Abu Zurek, dans les marais
 
Après cette jolie balade nautique, au milieu des oiseaux et des buffles se baignant, nous visitons un village puis, à midi, déjeunons dans un autre petit village. Les autochtones, les "Madans", considérés comme les plus anciens habitants des marais et les héritiers des plus anciennes traditions locales, sont bien sympathiques et semblent heureux de nous accueillir. Leurs maisons sont des huttes construites entièrement en joncs, adaptées au climat et facilement transportables car les Madans sont un peu nomades, recherchant l’eau et l’herbe pour leurs troupeaux de buffles. Ils ont énormément soufferts du temps de Saddam Hussein, qui avait commencé à combler les marais afin de mieux surveiller ces territoires difficilement accessibles.
 
Dans les marais du Shatt-el-Arab  Buffle, marais du Shatt-el-Arab
 
Après un déjeuner copieux sous une hutte et un petit temps de détente, nous quittons le village à 15H pour rentrer. Sur la route nous croisons un grand troupeau de dromadaires, le premier que nous voyons. Nous sommes à Nasiriyah une heure plus tard. Certains ressortent faire un tour en ville, ce que j’aurais bien aimé aussi, mais j’opte finalement pour une heure et demie d’Internet (gratuit à l’hôtel mais fastidieux à cause des fréquentes coupures de courant). Je peux ainsi mettre mon site à peu près à jour et relever mon courrier. Puis arrive Anna Prouse, une Italienne qui dirige le projet PRT (provincial Reconstruction Team) de la province de Thi-Qar (où nous sommes), projet mis en place par la coalition (USA-GB-Italie). Elle est vêtue d’un gilet pare-balle et accompagnée de nombreux gardes du corps et de policiers, une dizaine de voitures, c’est impressionnant. Après un petit exposé sur son action ici, nous partons diner à pied dans un restaurant à quelques centaines de mètres, qui a été sécurisé par l’escorte et fermé aux autres clients. Retour à l’hôtel au début du match de Coupe du monde Uruguay-France. Allez la France ! Mais contre ce pays minuscule la France n’a pas brillé. Et Ribery avait l’air perdu sans sa dulcinée…

Au fait, plusieurs journaux français, étrangers et locaux parlent en ce moment de notre voyage, notamment suite à la dépêche de l’AFP (voir à la fin du récit).

 
Dans les marais du Shatt-el-Arab  Enfant des marais du Shatt-el-Arab 
  
 
Samedi 12 : Départ matinal (à 6H15) pour le site de Babylone, à environ 260 km de Nasiriyah, à 80 km au sud de Bagdad. Le car n’a toujours pas été nettoyé, la clim fonctionne toujours mal et le micro est HS. Je trouve qu’il y a vraiment du laxisme de la part du chauffeur (j’ai toujours connu auparavant, durant mes voyages, des chauffeurs qui bichonnaient leur bus). Comme la région où nous allons est un peu plus dangereuse, deux véhicules de police, équipés de mitrailleuses, nous escortent aujourd’hui. De temps en temps, notre car remonte l’autoroute à l’envers, l’autre voie étant assez mauvaise. C’est dangereux mais pas autant que notre chauffeur qui passe la moitié de son temps à conduire d’une main en téléphonant de l’autre. Au cours d’un arrêt pipi, je m’enfonce dans de la boue jusqu’à mi-mollets, c’est malin. Je n’ai plus qu’à me déchausser et laisser sécher. Nous arrivons à Hilla vers 9H25 après avoir traversé de vastes palmeraies et Hameed nous quitte là pour remonter sur Bagdad. Bien sympa, cet Hameed. Lisez son livre…
 
Dromadaires sur la route (hier)  Une de nos deux voitures de securite
 
Et voilà Babylone, cité mythique et biblique… Il est 10H et il fait très chaud. «  C'est au début du 2ème millénaire que Babylone va occuper une place de première importance avec l'arrivée au pouvoir d'une dynastie d'origine amorrite. Ces derniers fondent la 1ère dynastie de Babylone marquée par le règne du roi Hammourabi qui parvint à réunifier la Mésopotamie et qui reste encore aujourd'hui célèbre pour son code de lois. Babylone connut par la suite une époque troublée entrecoupée de périodes de dominations. Mais la cité retrouve pour un temps sa gloire d'antan avec la période néo-babylonienne connue principalement pour le règne de Nabuchodonosor II (604 - 562). Il marqua son règne en faisant édifier et restaurer des édifices que vous contemplerez lors de la visite. Puis la cité déclina progressivement jusqu'à ce que Séleucos 1er l'abandonne pour Séleucie. Puissant centre politique, Babylone était aussi un important centre religieux comme l'atteste le temple dédié à Marduk, le dieu protecteur de Babylone, bordé par la ziggourat Etemenanki. Rien ne subsiste aujourd'hui de ces édifices mais des vestiges éloquents illustrent encore l'histoire de la cité. La fameuse porte d'Ishtar a été reconstituée et ouvre sur la Voie processionnelle, autrefois ornée de cent vingt lions en briques émaillées de taille réelle, représentation de la déesse Ishtar. »
 
Enfant des marais du Shatt-el-Arab  A Babylone  A Babylone, costume de la troisieme dynastie,vers 2000 av JC
 
Bon, pas grand-chose à voir, si ce n’est de très nombreuses murailles en briques. L e seul magasin de souvenirs, fermé depuis des années, a été spécialement rouvert par son propriétaire qui fait quelques affaires sans doute inespérées pour lui (fallait voir la couche de poussière !). A côté du site coule l’Euphrate, surplombé par un des palais de Saddam Hussein que nous visitons. Il est dans un état de décrépitude avancé, dommage. A 14H10, arrêt dans un restaurant sécurisé par la police, bon repas. Nous repartons une heure plus tard, route pas toujours facile et assez encombrée, plusieurs très longs convois. Il est 19H30 et il fait déjà nuit lorsque nous arrivons à notre hôtel de Nasiriyah. Une bonne douche et repas moyen (franchement, le resto de l’hôtel est vraiment médiocre). Puis, bien qu’épuisé, je travaille une petite heure et demie. Avec la clim, c’est agréable.
 
A Babylone  Un des palais de Saddam Hussein, Babylone
 
 
Dimanche 13 : Internet dès 5H30 dans la petite salle près de la réception de l’hôtel, je suis sûr au moins de n’être pas dérangé. Quelques quotidiens français parlent de notre voyage.
A 9H arrive une équipe de télévision irakienne, équipe qui nous suivra avec celle de sécurité durant nos 90 minutes de sympathique balade dans Nasiriyah. Les Irakiens rencontrés sont vraiment heureux de nous saluer, cela fait si longtemps qu’ils n’ont pas vu d’étrangers et ils sentent ainsi qu’on ne les oublie pas. Il fait toujours très très chaud.
 
Rue commercante de Nasiriyah  Réseau électrique, Nasiriyah 
 
Retour à l’hôtel. Après une bonne douche, je rejoins le groupe avec mon sac à dos, nous rejoignons le bus et quittons les lieux avant midi, direction un restaurant un peu plus loin. J’ai donné mes chaussures boueuses à l’homme de ménage bengali, qui était bien content, et je voyagerai donc en tongs et en short, mon pantalon étant aussi très sale. Et puis c’est plus agréable ainsi (j’ai dû supporter un pantalon toute la semaine !). De toute façon, je ne rencontrerai pas grand monde sur ma route aujourd’hui…
 
Voiture de mariage, Nasiriyah  Repas local 
 
Les 200 km entre Nasiriyah se passent bien, malgré les 47° relevés dans le bus. Nous ne serons donc pas allés à Bagdad ou a Bassora, deux villes toujours très dangereuses. A 16H15, nous voilà à la frontière. Nous prenons un petit bus entre les deux postes et disons au revoir à nos chauffeurs et accompagnateurs locaux. Ca se passe assez bien du côté irakien, même si je suis quelque peu en colère lorsque les douaniers veulent vérifier mon sac (ils laissent tomber). C’est plus long côté koweïtien, car il faut redemander des visas. Nous repartons finalement, dans un nouveau car, à 18H30. Les 120 km restants sont parcourus sur une autoroute impeccable, en partie de nuit, et il est 20H quand nous arrivons à notre hôtel de Koweït City. Belle chambre et Wifi, j’en profite, tandis que le reste du groupe repart diner.
 
Police sur la route du Koweït  Koweït City la nuit vue depuis mon balcon 
 
 
Lundi 14 : Buffet du petit-déjeuner vraiment très bien (ça change de l’Irak). Départ pour l’aéroport à 9H30. Nous n’aurons pas vu grand-chose du Koweït mais, heureusement, la vue depuis l’hôtel aujourd’hui est dégagée et magnifique. La ville s’étend à perte d’horizon.

 

Vue depuis l'hôtel, Koweït City  Femmes des marais du Shatt-el-Arab 

 

L’avion de Kuwait Airways est presque plein et je n’arrive pas à avoir une bonne place. Beaucoup de bonnes sœurs se rendant à Rome m’entourent. Décollage à l’heure (11H45) et longue escale dans l’avion à Rome de 15H45 à 17H10. Beaucoup de passagers sont descendus mais beaucoup montent aussi. Nous atterrissons à Roissy avec un peu d’avance, à 18H55. Récupération des bagages et adieux. Dehors il fait froid (17°), ça surprend. Je rejoins mon hôtel B & B avec un couple du groupe. Chambre minuscule pour un prix majuscule. La Wifi fonctionne et est gratuite, du coup je travaille deux heures (il y a toujours quelque chose à faire sur Internet…)

 

 

Mardi 15 : TGV à 8H21 à Roissy pour Marseille, où j’arrive sous la pluie à 12H20. Ca fait toujours plaisir de retrouver son chez soi…

Beau voyage, un peu court, un peu trop centré sur le passé lointain. Une population accueillante, souriante, heureuse de nous rencontrer, comme je l’ai déjà dit, heureuse de voir que le monde ne l’oublie pas. Espérance…

 

 

Jeune vendeur de serviettes, Nasiriyah  Enfant de Nasiriyah  Enfant de Nasiriyah

 

 

 

Dépêche de l'AFP publiée entre autres par Le Figaro ( http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/11/97001-20100611FILWWW00330-des-touristes-en-irak.php ) :

  

Des touristes français en Irak
Le Figaro &   AFP   11/06/2010 | Mise à jour : 06:49
Sous le soleil brûlant, encore haut au-dessus du désert irakien, la progression est difficile. Un dernier effort et la cité sumérienne de Girsu apparaît sous les yeux ébahis de Philippe Cousin: "C'est extraordinaire!", s'exclame l'ingénieur à la retraite de 65 ans.
Avec 19 autres touristes, il fait partie du premier groupe français à découvrir, pendant neuf jours, les vestiges d'Ur, Babylone ou encore Uruk, des sites inestimables de l'histoire de l'humanité, mais très rarement visités. Ils ont tous décidé de braver les dangers de l'Irak, régulièrement frappé par des attentats, et les avis contraires de leur famille ou du Quai d'Orsay, pour "voir de leurs propres yeux" le berceau du monde civilisé.
"C'est réellement beaucoup d'émotion", murmure Philippe, alors que Catherine Sudre, une conférencière, narre l'histoire du site, des dieux et déesses de l'empire Sumer, dont les légendes ont influencé les récits bibliques. "Tout le monde aimerait venir mais les gens n'osent pas, ils se disent qu'il est impossible de s'aventurer dans un tel pays, poursuit l'ingénieur. On est des pionniers un peu marginaux".
Ur, la ville d'origine d'Abraham selon la Bible, "est extraordinaire, émouvante. On en a tous rêvé depuis notre enfance, quand on lisait des contes du Moyen-Orient", reprend Christiane Leroy Prost, une préhistorienne de 65 ans.
L'idée d'organiser des voyages de groupes en Irak a germé dans le tête d'un entrepreneur français, Hubert Debbasch, dirigeant de la société Terre entière, spécialisée dans les excursions culturelles et les pèlerinages chrétiens. La sécurité encore chancelante de l'Irak ne permet en revanche pas aux touristes de s'aventurer partout. Le groupe de Français, protégé seulement par trois gardes irakiens, reste cantonné au sud, stable, mais ne verra rien de Bagdad. "Trop dangereux", dit M. Debbasch, 44 ans.
Ce premier voyage est aussi pour lui un acte politique. "Je ne supporte pas qu'on présente des pays comme faisant partie de l'axe du Mal et d'autres du Bien", explique-t-il. Mais la vigilance reste de rigueur. En allant à Tello, le bus s'arrête brusquement. Une moto suspecte barre la route. "Notre policier est allé seul pour vérifier qu'il n'y avait pas de bombe", lance l'organisateur aux passagers.
Les touristes sont tous de fervents explorateurs ou des passionnés d'histoire. Didier Farsy, un Marseillais de 55 ans, s'est par exemple lancé le défi de visiter tous les pays du monde. Avec l'Irak, il vient de dépasser les 180. "Il ne m'en reste plus qu'environ 25. Je veux découvrir le monde entier", explique-t-il. Catherine Sudre, qui a effectué des fouilles dans le pays entre 1974 et 1978, reconnaît que les sites irakiens ne sont pas à la portée de tout le monde. "Je vais être très méchante, mais je ne vois pas les gens de FRAM (agence de voyages à bas prix, ndlr) venir ici, c'est pas tout à fait le même public", affirme-t-elle.
Beaucoup ont beau être familiers des us et coutumes arabes, les écarts ne sont pas exclus. Pendant une pause déjeuner, deux femmes décident ainsi de se rafraîchir et se jettent dans l'eau du Tigre en maillot: inacceptable pour les habitants du village voisin. "Pensez à vous couvrir dès que possible les épaules, on commence à avoir des soucis, là", leur lance Hubert Debbasch.
Le groupe a cependant reçu un accueil enthousiaste des autorités et de la population locales, même si les habitants se sont frottés leurs yeux en voyant le groupe se promener appareils photo et caméscopes autour du cou. "Mes chers amis, nous vous demandons de transmettre un message objectif pour que d'autres groupes viennent", leur lance le gouverneur de la province du Zi Qar, Taleb al-Hassan, monté à bord du bus pour les saluer en personne.
Et lors d'une rencontre avec des habitants, la foule s'est pressée, une situation qui amuse Agnès Marmouset, une rentière. "Les Irakiens sont complètement fascinés. C'est un peu le retour à l'envoyeur. Là, on est les attractions".

Humm! Des patisseries comme je les aime...  A la boulangerie, Nasiriyah